2. Des ressources pour une visite

vendredi 15 mars 2013

LE PONT VALENTRE

A/ Contact avec le chef d’oeuvre

C’est le plus beau pont de France et certainement d’Europe. Cahors “Caors” est une ville médiévale très prospère. Elle est close comme toutes les villes médiévales et se situe à l’est de la presqu’île .

En 1308, les Consuls de la ville, “los conses” décident de construire un 3° pont.

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La ville de “ Caors” est une cité de marchands, qui pratiquent un trafic local, mais aussi un trafic international. Ces marchands dits “Caorsins” ont des comptoirs en Angleterre, en Finlande, et en Flandres.

Ce sont aussi des financiers pratiquant le prêt d’argent avec des taux d’intérêt très forts. Ils résident à l’est dans l’amande (cf. visite paysage). La ville souffre de surpopulation. Il y a des terrains vierges de l’autre côté des remparts. Les marchands décident de faire construire un pont à l’ouest, qui leur servira de lieu de passage mais aussi de point de fortification.

Les consuls vont faire appel à un architecte dont on ne connaît pas le nom. Sa tombe se trouvait dans le couvent des Cordeliers (actuelle rue Wilson) En 1580, lors de la venue d’Henri de Navarre, sa tombe a été démolie par ses soldats (protestants ils s’emparaient de Cahors, ville catholique ).

B/ Le génie de l’architecte

Le pont semble répondre à 3 objectifs

1) Un pont solide

Le Lot est une rivière aux crues redoutables, et il a endommagé de nombreuses fois le pont vieux situé au Sud de la ville L’architecte va choisir :

  • a) Un pont léger mais “intelligent”

Des arches en forme d’arc brisé, qui trouvent leur force dans l’opposition des deux branches de l’arc qui s’équilibrent

  • b) Des piles bien défendues contre les assauts du courant
  • des becs en forme de proues de navire fendent l’eau
  • des ouïes permettent d’alléger la pression du courant sur les piles.

Plusieurs tests ont prouvé sa solidité : il a résisté à toutes les crues du Lot.

En 1879, un élève de Violet le Duc, Gout, le restaure et fait sculpter par Cyprien Calmont le petit diable de la tour centrale

2) Un pont qui se défend très bien contre les attaques militaires

  • trois tours hautes, épaisses, munies d’archères cruciformes à double fente horizontale ( pour bien voir et bien tirer )
  • des bretèches de 4 mâchicoulis placées sur les côtés les plus exposés. Remarquer la grande largeur des mâchicoulis qui permet de “balancer” sur l’ennemi des masses considérables de flèches (mais pas d’huile bouillante : car d’abord il faut en avoir, ensuite il faut la faire bouillir)
  • des créneaux sur les becs ( distinguer merlons et créneaux ) ( cf. dessin )

Remarquer l’archère sur les merlons qui permet de tirer sans s’exposer.

  • des moyens de défense rapprochée, des portes ou des herses ferment les tours.

- a)Les portes ont laissé des gonds que l’on remarque aisément

Le gond central est inversé pour éviter qu’on soulève la porte ( il n’y a pas de feuillure pour maintenir la porte de bois dans un cadre de frêne)

-b) L’emplacement des herses

Les logements des herses peuvent être repérés grâce aux rainures se trouvant de part et d’autre de l’entrée des tours. En levant la tête on aperçoit ces emplacements ( le vide correspondant) dans la maçonnerie de la tour.

c) Les assommoirs

Lorsqu’on passe sous les tours, on remarque au milieu des voûtes, d’énormes trous autrefois libres ( pas de trappe ni de lanterne ) qui pouvaient servir à larguer toutes sortes de projectiles.

d) Des petites portes difficiles à franchir

  • Des portes étroites aux linteaux très courts : les hommes d’arme les franchissent avec difficultés ( armures larges et lourdes) et sont facilement assommés par les défenseurs . Elles sont parfois situées en haut d’escaliers raides faits pour faire chuter les assaillants.
  • Des portes épaisses : 2 épaisseurs de bois reliées par des clous forgés.

e) Une solidité préservée au maximum

Les projectiles ennemis risquent d’ébranler la maçonnerie, aussi au dessus de chaque ouverture (qui affaiblit le mur), sont construits des arcs de décharge .

C/ Un pont magnifique

L’esthétique est toujours affaire de goût et d’appréciation, pourtant on ne peut que remarquer :

  • la légèreté de l’ensemble
  • l’harmonie des lignes
  • la couleur dorée de la maçonnerie
  • les toits à coyaux bien assortis à l’architecture Quercynoise ; le toit change de pente vers la base pour que les eaux de pluie s’éloignent du mur. Cet effet est obtenu par l’adjonction d’une pièce de bois supplémentaire sur la charpente : le coyau.

Extrait du site vers l’Europe , cheminant par les grands itinéraires médiévaux


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