1. Des mythes aux contes

dimanche 10 février 2013

Un patrimoine immateriel : des mythes aux contes

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Les mythes sont des récits symboliques traduisant sous forme souvent dramatique les croyances et les valeurs d’une société donnée.

Ils proposent des réponses aux grandes questions (origine des êtres et du monde, sens de l’existence, sens de la mort, destinée…) et ont une fonction structurante. Ils constituent un véritable enseignement spirituel.

1. Etymologie :

Mutus=muet, silencieux.

  • les mythes disent tout en cachant, ils demandent à être interprétés ;
  • ils parlent par symboles ;
  • ils préservent une part de mystère.

2. La puissance des mythes  :

  • ils constituent un patrimoine inscrit dans toutes les civilisations ;
  • au niveau le plus profond, ce patrimoine se révèle universel, au-delà des concrétisations culturelles différentes.

3. Les fonctions  :

 Spirituelle, mystique

  • dimension métaphysique : dépassement de soi vers le transcendant.
  • permettent de penser le problème du franchissement des limites.

 Cosmique, explicative

  • permettent de lire le monde et de le comprendre, dans son mystère.

 Sociologique

  • Assurent la cohésion, l’identité : ou fermées sur une communauté précise, ou bien ouvertes à toute l’humanité.

 Pédagogique

  • Informent sur les probabilités de réponses aux grands problèmes fondamentaux de l’existence,
  • Aident à vivre notre vie d’humains, à nous orienter.
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Les légendes peuvent puiser dans le patrimoine mythique, dont elles sont alors des concrétisations plus faciles à lire que la symbolique qui les sous-tend. Elles conservent ainsi une fonction édifiante, tout en étant d’une portée moindre.

Mais elles peuvent aussi être de simples récits à effet distractif (elles se rapprochent alors des contes).

Ces récits peuvent avoir pour origine un évènement réel, inclus dans une construction d’ensemble où il est plus ou moins déformé.

Comme l’indique son étymologie d’adjectif verbal latin « legenda », la légende raconte uniquement les choses qui valent la peine d’être rapportées, elle recherche le général en procédant à des choix idéalisants en bien comme en mal. Elle vise à rendre exemplaire un évènement particulier en le chargeant de la sensibilité, de l’imagination et des espérances de tout un groupe social. La légende est donc le reflet de l’histoire, d’un sol et de la mentalité de ses habitants.

On peut donc parvenir à une approche du Quercy à travers l’étude de ses légendes caractéristiques qui traduisent une ambiance à laquelle tout quercynois participe encore aujourd’hui.


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Ce sont des récits populaires d’aventures fictionnelles transmis par la tradition orale et/ou par des écrits. Ils ont une fonction distractive mais il y a aussi des contes « à message » (par exemple d’avertissement). Certains contes trouvent sans doute leur lointaine origine dans les mythes fondateurs, d’autres semblent n’être qu’une construction de l’imagination. Ils ont une portée spirituelle inférieure à celle des mythes.


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Il peut paraître paradoxal que l’école, dont la mission est en premier lieu le développement intellectuel de l’enfant, s’intéresse au thème des Mythes et Croyances comme outils pédagogiques.

Ne faut-il pas, en effet, voir en cela quelque chose qui s’oppose à la réalité, et par conséquent, à la connaissance, qui est le fondement de tout apprentissage ?

Nous nous proposons de répondre par la négative à cette interrogation en montrant que Mythes et Croyances constituent simplement une étape vers la connaissance, et que les enfants, dans leur apprentissage, refont en accéléré le long chemin de l’évolution humaine constellée d’erreurs de jugement, mais toujours fertile en imagination.


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Le savoir résulte d’une addition de découvertes que les hommes se sont transmis au fil des siècles et à travers l’espace.

Peu à peu les démonstrations de la science se substituent aux explications souvent sommaires et sans fondement rationnel que les hommes appliquent à l’observation de la réalité. Car on constate toujours un besoin d’expliquer les choses qui se traduit par deux types de manifestations :

  • Les croyances, qu’on peut définir comme des convictions intimes, donc individuelles. Il faut d’emblée éliminer les croyances religieuses ou philosophiques, étrangères au thème du débat, pour ne nous intéresser qu’à l’idée de la réalité que se font nos jeunes enfants avec leur propre intelligence.
  • Les mythes qui sont des représentations collectives d’êtres imaginaires, le plus souvent véhiculées par les contes et récits.

Le point commun entre mythes et croyances est une tentative d’explication de la réalité.

L’histoire du monde nous montre que Mythes, Croyances et Réalité se sont toujours côtoyés, la connaissance née de l’analyse scientifique et transmise par l’enseignement permettant de faire reculer les croyances.

Les mythes résistent aux avancées de la connaissance. Chacun de nous a en mémoire des histoires d’êtres mythiques. Le plus célèbre est probablement le monstre du Lock Ness.

Mais nous recensons dans nos campagnes des monstres, sympathiques ou non, tels le Drac, le Couloubre, la Bête à 7 têtes.

Ces mythes « rustiques » côtoient aujourd’hui des bêtes fantastiques, héros de bandes dessinées ou de séries télévisées, mais ils procèdent de la même volonté d’exacerber l’imagination, de se projeter dans un monde idéalisé mais proche du réel.

Ainsi donc on peut dire que les croyances sont des explications entachées d’erreurs, alors que les mythes satisfont notre besoin de rêve et d’imagination.